Qui était Jacques Amyot ?

Humaniste français (Melun, 1513 / Auxerre, 1593).

Jacques Amyot étudia à Paris, au fameux collège de Navarre, et apprit le grec au cours de Pierre Danès, lecteur royal du futur collège de France. Grâce à l'appui de Marguerite de Navarre, Jacques Amyot obtint une chaire de grec et de latin à l'université de Bourges. François Ier le chargea de traduire Plutarque, et le nomma abbé de Bellozane, une maison de chanoines prémontrés du diocèse de Rouen.
Henri II le nomma précepteur de ses fils, et le chargea de présenter, devant le concile de Trente, les raisons de l'absence à cette assemblée de représentants de l'Église de France (1551). Dès son avènement, Charles IX le fit grand aumônier de France, puis évêque d'Auxerre. Sous Henri III, il fut accusé par la Ligue d'avoir approuvé le meurtre du duc de Guise, et il fut obligé de s'enfuir un temps de son évêché.

Amyot traduisit Théagène et Chariclée, d'Héliodore (1547), Daphnis et Chloé, de Longus (1549), les Vies parallèles des hommes illustres (1559) et les oeuvres morales (1572), de Plutarque. En faisant connaître, à travers la biographie des hommes célèbres, les multiples problèmes moraux que se posaient les Anciens, Amyot prépara, pour les auteurs qui allaient le suivre, un important corpus écrit, qui contribua à la redécouverte des philosophies préchrétiennes. Il marque, sinon une rupture, du moins une nouvelle étape : après l'humanisme chrétien d'Érasme et de Lefèvre d'Étaples, il annonce l'exaltation de la pensée antique, qui culminera avec Montaigne ; ce dernier disait d'ailleurs de l'oeuvre d'Amyot : «C'est notre bréviaire.»

Amyot fut ainsi l'un des humanistes dont l'action eut le plus d'influence sur l'orientation de la littérature française aux XVIe et XVIIe siècles. Il a, en outre, assoupli la langue et enrichi le vocabulaire.